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Côte d’ivoire/Troisième mandat : « On ne peut pas fuir son destin », a lancé Alassane Ouattara à ses détracteurs

Le chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, sera investi par le RHDP le 22 août prochain. Il portera le flambeau du…

Parredaction Catégorie Politique le 18 août 2020 Étiquettes :


Le chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, sera investi par le RHDP le 22 août prochain. Il portera le flambeau du parti pour l’élection présidentielle d’octobre 2020. Alors que sa candidature pour un troisième mandat continue d’être la cause des tensions, Alassane Ouattara a réagi ce mardi à l’endroit de ses détracteurs. C’est à l’occasion d’une rencontre avec des délégations de l’Est et du Sud du pays. S’il est au pouvoir, c’est le fruit de son destin et c’est ce destin qui le conduit vers un troisième mandat, laisse-t-il entendre.

Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, a annoncé le 06 août dernier qu’il est candidat pour un troisième mandat. La nouvelle constitution adoptée en 2016 maintient la limitation de mandat à deux. Mais, pour l’actuel chef de l’Etat et ses partisans, la constitution de 2016 remet, par voie de conséquence, les compteurs à zéro. Ainsi, selon eux, les mandats exécutés avant 2016 ne sont pas pris en compte par la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.

L’opposition, quant à elle, ne l’entend pas de cette oreille. Elle estime que la non-rétroactivité d’une loi ne s’applique que si la loi en question est modifiée pour lui donner une orientation différente de sa version initiale. Or, la nouvelle constitution adoptée en 2016 n’a pas touché la limitation de mandat qui existait depuis 2000. Elle n’a concerné que d’autres articles, notamment la création d’un poste de vice-président. Toujours pour l’opposition, ce n’est donc pas une nouvelle loi, même si la constitution est nouvelle.

Ainsi, le sujet fait couler beaucoup d’encre et de salives au sein de l’opinion politique ivoirienne. Les partisans du RHDP (parti unifié, au pouvoir) estiment qu’il revient au conseil constitutionnel de statuer sur cette possible candidature de Ouattara. Contrairement aux opposants, qui estiment que ce conseil, dont la grande majorité des membres est nommée par l’actuel président, n’est pas digne de confiance absolue.

Le débat transporté dans la rue

Finalement, c’est dans la rue que les militants et partisans de l’opposition ont décidé de se rendre pour contester la candidature d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat. C’est à travers des marches synchronisées et éclatées sur toute l’étendue du territoire national. Ces marches, qui ont eu lieu jeudi dernier à l’appel de la société civile, ont été soutenues par les partis politiques d’opposition et plusieurs plateformes politiques. Simone Gbagbo, l’ex-première dame (2000-2011), avait estimé que la candidature d’Alassane Ouattara est anticonstitutionnelle.

Les marches du jeudi 13 août dernier ont été émaillées de violences qui ont coûté la vie à au moins 4 personnes, dont trois à Daoukro, fief de l’ex-président Henri Konan Bédié. Des dégâts matériels ont été enregistrés dans le pays, dont le siège du RHDP complément saccagé à Daoukro. A Bonoua, un autre fief de l’opposition, un commissariat de police a été incendié. Les cadres du parti au pouvoir avaient accusé les leaders de l’opposition de violence, indexant Simone Gbagbo et Konan Bédié.

Dans la foulée, le RDHP a annoncé la date de l’investiture d’Alassane Ouattara. Ce sera, le 22 août prochain, au stade Felix Houphouët Boigny.

« On ne peut pas fuir son destin », dixit Alassane Ouattara

« Je crois que chacun de nous a son destin. On ne peut pas fuir son destin ». Alassane Ouattara a reçu mardi dans son palais à Abidjan, des délégations des Régions de l’Est et du Sud. Ces délégations sont composées de rois, chefs traditionnels et élus locaux. A cette occasion, le chef d’Etat ivoirien est revenu sur la situation qui l’oppose à une bonne partie du peuple ivoirien.

« Je ne voudrais pas rentrer dans ces faux débats de constitution. La constitution est votée par le peuple, et qui a proposé la constitution ? C’est bien Alassane Ouattara pour la 3ème république. Qui peut se targuer de connaitre cette constitution mieux que moi ? Qui a signé le décret pour envoyer la Constitution pour la soumettre au vote des ivoiriens ? C’est bien moi. », a déclaré ADO.

« Alors les gens peuvent bavarder. Mais, moi je suis un croyant. Je crois que chacun de nous a son destin. On ne peut pas fuir son destin. La Côte d’Ivoire est maintenant un grand pays, un pays stable, un pays sur la voie d’un développement encore plus accéléré. », a-t-il ajouté.

« J’ai une équipe de jeunes, ici, tout autour, en face, devant, derrière moi, qui sont prêts à prendre la relève, mais si les uns et les autres savaient combien d’années, il m’a fallu pour préparer Amadou Gon Coulibaly. On ne peut pas préparer un successeur en quatre semaines ou en deux ou trois mois. Donc c’est un sacrifice que j’ai fait. Je veux que ça soit clair. Pour moi, c’est un sacrifice parce que je veux laisser le meilleur à la Côte d’Ivoire », a clarifié le leader du RHDP.

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