Transition politique au Mali : les putschistes veulent trois ans, la CEDEAO s’y oppose

La transition politique au Mali est une préoccupation pour les chefs d’Etats de la sous région ouest-africaine. Les pourparlers entre…

Parredaction Catégorie Politique le 24 août 2020 Étiquettes : , , ,

La transition politique au Mali est une préoccupation pour les chefs d’Etats de la sous région ouest-africaine. Les pourparlers entre la CEDEAO et les putschistes maliens se poursuivent ce lundi, en vue d’une transition politique dans le pays. Entamées le week-end, les discussions se sont heurtées au désir de la junte de rester au pouvoir pendant trois ans.

La délégation de la CEDEAO a entamé, ce week-end, des discussions avec les responsables de la junte au Mali. Au menu des pourparlers, la situation des personnalités politiques arrêtées et la mise en œuvre d’une transition politique au Mali. La réunion, qui a lieu au Ministère de la Défense et des Anciens Combattants, se poursuit ce lundi.

Sur le premier point, les putschistes et la délégation de la CEDEAO sont d’accord pour la libération des personnes arrêtées. IBK est donc autorisé à rentrer chez lui pour des éventuels soins, alors que son Premier Ministre Boubou Cissé est maintenu dans une villa sécurisée à Bamako.

Mais sur le deuxième point, aucun accord n’a été trouvé. Les nouvelles autorités maliennes souhaitent une transition de trois (03) ans, selon une information exclusive de la RFI. L’information, selon laquelle la junte exigerait un gouvernement à majorité militaire, a été infirmée par le Col Ismaël Wague.

« La junte a affirmé qu’elle souhaite faire une transition de trois ans pour revoir les fondements de l’État malien. Cette transition sera dirigée par un organe présidé par un militaire, qui sera en même temps chef de l’État », indique à la Radio, une source au sein de la délégation de la CEDEAO.

Transition politique au Mali, la CEDEAO souhaite une transition courte

Selon des informations, l’ex Président du Nigéria s’est catégoriquement opposé à cette durée de la transition au Mali. Il a demandé aux militaires de revoir leur copie, car les trois ans proposés pour une transition politique sont trop longs. Le médiateur de la CEDEAO a invité la junte à suivre l’exemple passé du Nigéria qui a connu une période de turpitudes politiques.

« Voyez-vous, nous avions essayé cela au Nigéria, mais ça n’a pas marché. Trois ans, c’est trop », aurait rétorqué aux putschistes l’ancien Président du Nigeria, GoodLuck Jonathan, qui conduit cette délégation de la CEDEAO.

Les putschistes qui, jusqu’ici, ont montré des signes d’ouverture et d’envie de conduire une transition politique au Mali apaisée, sont en train de s’attirer les critiques avec leur idée d’une transition longue. Mais, faut-il souligner, il ne s’agit que d’une proposition de leur part, et non d’une exigence.

Transition politique au Mali, les travaux se poursuivent ce lundi

Après 48 heures de pourparlers, l’essentiel n’est toujours pas accompli. « Nous voulons tous que le pays avance aussi bien la CEDEAO que les nouvelles autorités militaires. Nous avons pu nous entendre sur certains points, mais pas sur l’ensemble des autres points de discussion », a indiqué Goodluck Jonathan.

L’entourage du médiateur ne le cache pas, il faut une transition politique au Mali beaucoup plus courte. Ce mercredi 26 août, les chefs d’État de la CEDEAO vont se réunir par visioconférence pour décider de la suite, avec deux options au choix : alléger les sanctions que l’organisation a imposées juste après le coup d’État ou bien les durcir s’ils estiment que la junte ne donne pas assez de gages de bonne volonté.

A l’issue de la réunion de ce lundi, le Colonel Ismaël Wague a déclaré : « Avec l’équipe de médiation de la CEDEAO, rien n’est décidé et à aucun moment, on a parlé de gouvernement à majorité militaire ».

Il a ajouté que « Toute décision relative à la taille de la transition politique au Mali, au président de transition, à la formation du gouvernement se fera entre maliens avec les parties politiques, les groupes socio-politiques, les syndicats, les groupes signataires, la société civile conformément à la première déclaration du Mali ».

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