Togoland : malgré les arrestations, les séparatistes poursuivent leurs actions

L’ancien Togo-Britannique, qui a été rattaché au Ghana en 1956, est l’objet de tensions entre les autorités ghanéennes et les…

Parredaction Catégorie Société le 7 septembre 2020 Étiquettes : , , ,

L’ancien Togo-Britannique, qui a été rattaché au Ghana en 1956, est l’objet de tensions entre les autorités ghanéennes et les groupes sécessionnistes. Malgré l’arrestation de quelques responsables et la fuite d’autres, le groupe HSGF poursuit ses actions pour obtenir son indépendance.

Les groupes séparatistes du Togoland (ancien Togo-Britannique) ont installé des panneaux et leur drapeau ce jeudi, dans leur zone. Un panneau est érigé à Akorley sur la route Accra-Somanya, région Est du Ghana, et un autre à Akuse. « Bienvenue au Western Togoland, bon séjour », « Vous quittez le Western Togoland, au revoir », lit-on sur ses panneaux. Un drapeau du Western Togoland est érigé à côté de chaque panneau. Objectif : marquer leur territoire et faire entendre aux autorités ghanéennes qu’ils ne comptent pas se résigner.

Le Groupe Homeland Study Group Foundation (HSGF) est présent dans la région de la Volta au Ghana, frontalière avec le Togo. Le mouvement est dirigé par l’octogénaire Charles Kormi Kudzordzi, connu sous le nom de papavi (le vieux). Celui-ci vit en exil depuis l’année dernière, alors que plusieurs de ses camarades de lutte sont en prison.

Remise en cause du referendum de 1956

Depuis 1921, le Togoland était sous mandat de la Société des Nations (SDN). Puis, il est devenu un territoire sous administration de l’Organisation des Nations unies, sous contrôle britannique. En 1956, le Ghana est sur la voie de son indépendance qu’il obtiendra en 1957. Kwame Nkrumah, alors Premier ministre, propose aux Togolandais de rejoindre son pays. Les Togolandais sont, donc, confrontés à un dilemme : Rejoindre le Ghana en phase d’être indépendant ou rester sous administration de l’ONU en attendant l’indépendance incertaine du Togo-Français. Un référendum est organisé l’année 1956. Les votants eurent finalement choisi l’intégration au Ghana, avec 63,9% des voix. Le Togo-Britannique rejoint donc le Ghana (lui aussi ex-colonie Britannique).

Depuis quelques années, les sécessionnistes actuels contestent la transparence de ce referendum. Ils estiment que le référendum en question a été contraignant pour leurs parents. Ils évoquent notamment la volonté du Royaume-Uni d’unir ses deux colonies. Les Anglais n’ayant pas intérêt à ce que ces Togolandais se penchent vers la France. Or, Sylvanus Olympio, le père de l’indépendance du Togo-Français, voulait, lui, réunir les deux Togo. L’idée a suscité des dissensions entre celui-ci et le président Nkrumah. Aujourd’hui, les Togolandais ne veulent pas être intégrés à l’actuel Togo, mais veulent simplement une indépendance totale.

Des gendarmes pour faire le ménage

Alertées, les autorités ghanéennes ont envoyé des éléments de la police de Somanya pour enlever ces panneaux. Ceux-ci ont été envoyés au commissariat de Police, pour des besoins d’enquête. Les noms des auteurs de ces installations sont inconnus. Mais, tout au moins, sait-on qu’il s’agit des militants du groupe HSGF. Les autorités d’Accra refusent de donner du crédit aux séparatistes, rejetant systématiquement toute idée de scission du Ghana.

Les séparatistes ne sont pas armés. Ils mènent une lutte pacifique. En novembre 2019, ils ont procédé, à Ho, à la proclamation de leur indépendance… mais sans succès. Les leaders avaient alors été arrêtés, et certains font face actuellement à la justice. Cependant, au sein de la population du Togoland, l’idée d’une scission avec le Ghana ne semble pas être bien appréciée par tous.

Le moins qu’on puisse dire, est que le bras de fer entre les séparatistes et les autorités ghanéennes n’ont pas encore fini. Avec peu de moyens et d’organisation, les séparatistes vont poursuivre leur lutte. Toutefois, cette lutte reste difficile à aboutir.

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