Togo/Prorogation de l’état d’urgence : les raisons évoquées par Sélom Klassou devant les députés

Au Togo, les députés ont adopté, mardi, deux projets de lois relatifs à l’état d’urgence sanitaire. Le premier porte prorogation…

Parredaction Catégorie Dossiers le 16 septembre 2020 Étiquettes : , , ,

Au Togo, les députés ont adopté, mardi, deux projets de lois relatifs à l’état d’urgence sanitaire. Le premier porte prorogation du délai d’habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances des mesures relevant du domaine de la loi. Le deuxième projet de loi autorise la prorogation de l’état d’urgence sanitaire au Togo, pour six mois.

En effet, l’état d’urgence sanitaire était en vigueur depuis mi-mars dernier. Et ce, pour six (06) mois. La mesure arrivant à terme, mardi 15 septembre 2020, le gouvernement était dans l’obligation de solliciter l’approbation de l’Assemblée. Les députés ont, donc, voté à l’unanimité sa prorogation. Ceci, afin de permettre à l’exécutif de continuer à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre le coronavirus.

Prorogé deux fois de suite, l’état d’urgence vient de s’allonger une troisième fois. Cependant, « La durée de chaque période réelle sera fixée par décret du PR en fonction de l’évolution de la pandémie », a indiqué le ministre des droits de l’Homme, Christian Trimua.

Les raisons officiellement évoquées

Dans son discours, Mme Tségan, présidente de l’Assemblée nationale, a situé le contexte de l’adoption de cet l’état d’urgence en vigueur depuis mi-mars dernier. Elle a expliqué le bien-fondé de cette décision et souligné qu’elle était inévitable pour lutter contre la pandémie. « C’est donc aux vues des dernières données qui renseignent sur l’hypothèse d’une hausse de contamination que l’Assemblée nationale se voit dans son rôle d’adopter ces deux projets de loi », a-t-elle indiqué. Et d’ajouter « De l’incertitude tant sur les aspects de ce virus que sur la disponibilité d’un vaccin, il nous faut répondre avec célérité, confiance et transparence ».

Pour sa part, le premier ministre, Sélom Klassou, a insisté sur la hausse des cas de contamination pour justifier la prorogation de l’état d’urgence. « En dépit des efforts consentis pour lutter contre cette pandémie, on note, à l’instar de ce qui se passe dans le monde entier, que le nombre de cas confirmés augmente vite. En effet, de 36 cas en mars 2020, on est passé à 1578, le 13 septembre 2020, avec malheureusement 37 décès et tout de même, un nombre encourageant de cas guéris 1190. », a fait observer Sélom Klassou. « Il est donc urgent de renverser cette tendance préoccupante et alarmante. C’est le lieu de dire à nos compatriotes que l’heure n’est pas au relâchement. Au contraire, nous devons redoubler de vigilance à tous les niveaux et respecter plus que jamais les mesures barrières et éviter tout grand rassemblement. », a-t-il ajouté. Du coup, « Tenant compte de la nouvelle donne avec le mois d’août qui a connu le plus grand pic, le Gouvernement, dans l’obligation de protéger davantage les populations, sollicite de la Représentation nationale, (l’adoption de ces deux projets de loi) ». « Par cette prorogation, le Gouvernement dispose de 180 jours pour protéger davantage (les) compatriotes, protéger leurs emplois, leurs pouvoirs d’achat, pour sauvegarder le parcours scolaire de (des) enfants apprenants », a-t-il insisté.

Bilan satisfaisant pour les six mois passés

« Au titre des mesures sanitaires, le Gouvernement, dans un souci de gestion de proximité pour une rapidité des résultats et afin de permettre aux formations sanitaires de disposer d’infrastructures permettant la prise en charge adéquate des personnes contaminées, a lancé un vaste programme de réhabilitation et d’équipement de plusieurs hôpitaux et centres de santé à travers tout le pays. Dans ce contexte, des équipements dont des scanners, respirateurs et lits ont été commandés et installés. Par ailleurs, des millions de masques professionnels et ordinaires, des tests, des équipements de protection etc. ont été réceptionnés et mis à disposition. », a expliqué le premier ministre.

Toujours pour mieux protéger le personnel soignant, poursuit-il, le gouvernement vient de souscrire une assurance maladie spéciale pour le personnel soignant qui est au front de la lutte curative. Il s’agit, selon Klassou, de l’assurance Décès et Incapacité temporaire de travail dus au coronavirus. Elle couvre plus de 12 000 agents, précise Selom Klassou. Il est également prévu à leur endroit une formation adéquate et spécifique dans la prise en charge des malades au Covid-19. Ainsi, le Centre hospitalier régional (CHR) de Lomé Commune a été réhabilité, aménagé et équipé de plus de 150 lits pour accueillir les patients contaminés qui sont entièrement pris en charge par l’Etat. Il en est de même pour les CHR d’Atakpamé, de Sokodé, de Kara et de Dapaong où des unités de prise en charge appropriées ont été aménagées et équipées et le personnel renforcé. C’est toujours selon le chef du gouvernement.

« Pour réaliser des tests de dépistage massifs et rapides, des unités de dépistage ont été créées dans plusieurs centres de santé des districts de Lomé, notamment au Centre de santé de Lomé au quartier des Etoiles, au Centre médico-social (CMS) d’Adakpamé, au CMS d’Amoutivé, Centre de Santé de Kodjoviakopé et au CMS de Cacavéli. De même, des laboratoires mobiles sont déployés dans chaque région mieux, une unité de l’Institut National d’Hygiène (INH) a également été créée à Kara afin de couvrir la partie septentrionale du pas. », a souligné Sélom Klassou. Et de mentionner plusieurs mesures économiques comme le programme Novissi qui a bénéficié à 581 130 personnes pour un montant de 11 668 153 500 FCFA. Celui-ci n’a pas terminé sa présentation sans évoquer les mesures en faveur des entreprises etc.

Comments


Laisser un commentaire


Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *