Togo : Nouveau gouvernement à l’ère Clovid-19, entre impossibilité et possibilité ?

Les dernières élections présidentielles au Togo, le 22 février 2020, ont consacré la réélection du candidat du parti au pouvoir,…

Paradmin Catégorie Dossiers le 7 juillet 2020

Les dernières élections présidentielles au Togo, le 22 février 2020, ont consacré la réélection du candidat du parti au pouvoir, Faure E. GNASSINGBE. Ce dernier a prêté serment le 3 mai 2020. Mais, l’éclat de la prestation de serment a été parasitée par la pandémie de Covid 19 qui secouait le monde dont le Togo n’en était pas épargné. Ce qui a justifié une cérémonie de prestation de serment dans la sobriété absolue et le respect des mesures barrières.

Si au départ, l’opinion était convaincue que le gouvernement actuel et, en particulier, le Premier ministre rendrait sa démission juste après la prestation de serment qui marque le début du nouveau mandat, les choses seront plus compliquées avec la gestion de la pandémie. Du discours décrétant l’état d’urgence sanitaire en commençant par l’habilitation donnée par le parlement au gouvernement à pouvoir diriger le pays par ordonnance jusqu’à la gestion de la pandémie pour les trois mois, les togolais sont toujours impatients de voir une nouvelle équipe gouvernementale, déclenchée par la démission du premier ministre KLASSOU. Par ailleurs, l’on apprend que l’état d’urgence sanitaire est prorogé de 45 jours.

Dans ces conditions, peut-on dire que la gestion du Covid-19 empêche la démission du premier ministre et la formation du nouveau gouvernement ?

Un nouveau gouvernement impossible à cause du Covid

En effet, l’impatience des togolais de voir se mettre en place une nouvelle équipe gouvernementale est tout à fait légitime même si aucune obligation constitutionnelle ne pèse sur le premier ministre à rendre le tablier après une élection présidentielle. La pratique politique togolaise a démontré à suffisance qu’après chaque élection le premier ministre démissionne et il revient au président de le reconduire ou pas. Et c’est au moment où tous les regards sont tournés vers cet acte que la pandémie battait son plein avec les mesures prises par le président Faure et son gouvernement.

Dans ces conditions, si c’est le gouvernement qui définit, oriente et conduit la politique de l’Etat, on peut comprendre que le gouvernement fasse face à la pandémie avant de rendre la démission. Et c’est, d’ailleurs, dans l’optique de ne pas mettre une nouvelle équipe devant ce grand défi que la gestion de cette pandémie justifierait le maintien du gouvernement. Mais, cet argument semble battu en brèche par ceux qui pensent que la pandémie ne saurait justifier un si long bail à l’actuel gouvernement.

Un nouveau gouvernement possible malgré le Covid

En effet, le remaniement ministériel avec à la clé la démission du premier ministre serait aujourd’hui le bienvenu, car pour certains, le principe de la continuité de l’Etat doit être respecté. Les gouvernants passent, mais l’Etat demeure. Sur cette base, on ne saurait prendre la pandémie comme prétexte pour maintenir un premier ministre et son gouvernement en place. Du coup, le citoyen ne se retrouvera pas facilement dans le déroulement du projet de société sur la base duquel le président a été réélu.

Par ailleurs, à supposer qu’un premier ministre en fonction décède pour cause du Covid-19 ou de toutes autres maladies, va-t-on le remplacer ou pas ? Certes, la pandémie du Coronavirus a affecté toutes les institutions, mais une démission suivie de la nomination d’un nouveau gouvernement est possible. Par évidence, le président français a nommé un nouveau premier en la personne de Jean CASTEX à la place de Edouard Philippe.

En clair, tout dépend de la volonté du chef de l’état.

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