Togo : « la page des élections est tournée », Victoire Tomégah-Dogbé

Depuis les dernières élections présidentielles du 22 février 2020 au Togo, le président démocratiquement élu, Faure Gnassingbé, ne s’était pas…

Parredaction Catégorie Politique le 20 octobre 2020 Étiquettes : , , ,

Depuis les dernières élections présidentielles du 22 février 2020 au Togo, le président démocratiquement élu, Faure Gnassingbé, ne s’était pas précipité pour former un nouveau gouvernement. Plus préoccupé par la santé des Togolais, le chef de l’Etat s’est plus concentré sur la gestion de la crise sanitaire. Cette situation a failli plonger la majorité des Togolais dans un désespoir total. Ainsi, le candidat malheureux Agbéyomé Kodjo, qui prétend être le vrai vainqueur, a bien amusé la galerie. Une comédie qui a longtemps été jouée par plusieurs nominations.

C’est au moment où tout le monde ne s’y attendait pas que Faure Gnassingbé va agir. Les choses se sont déroulées très vite. Le vendredi 25 septembre 2020, l’ancien Premier ministre a présenté sa démission et celle de son équipe au chef de l’Etat. Le président ne va pas tarder en nommant, le lundi 28 octobre, Mme Victoire Tomegah-Dogbé comme nouveau Premier ministre. Après la formation du nouveau gouvernement, la page des élections est définitivement tournée.

La présentation des lettres de créance: la reconnaissance du gouvernement Faure

Deux conditions sont généralement exigées pour qu’un gouvernement soit reconnu. La première est son effectivité. L’effectivité, c’est ce qui existe en fait. C’est donc dire que même si la nomination d’un nouveau gouvernement a pris du temps, c’est le gouvernement du président Faure qui a toujours été effectif. Toutes les mesures prises par le chef de l’Etat pour contenir la pandémie de la Covid-19 démontrent à suffisance l’effectivité d’un gouvernement. Ceci n’a pas suffi pour faire plier le candidat malheureux Agbéyomé Kodjo qui multiplie des appels depuis son maquis.

La seconde condition est la légitimité démocratique du gouvernement. C’est-à-dire un gouvernement issu d’élections libres et transparentes.

Mais, la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale a été un élément catalyseur alliant l’effectivité et la légitimité du chef de l’Etat. A l’évidence, trois nouveaux ambassadeurs ont présenté leurs lettres de créances au chef de l’Etat le vendredi 16 octobre 2020. Il s’agit de ceux de la France, de la Confédération helvétique et de l’Union européenne, respectivement Jocelyne Caballero, Philippe Stalder et Joaquin Tasso Vilallonga (Espagnol).

S’inscrivant dans le cadre du renforcement des liens de coopération, ce cérémonial constitue l’expression de la reconnaissance internationale du gouvernement de Faure Gnassingbé. Toutes les autres forces doivent dès lors se soumettre au pouvoir du président actuel.

« Au travail, pas de temps à perdre » dixit Victoire Tomégah-Dogbé

Gouverner autrement, tel est le leitmotiv de Madame le Premier ministre. C’est dans cette optique qu’un séminaire gouvernemental a été organisé la semaine dernière. Aujourd’hui, il est question de la gestion axée sur les résultats. Ce qui implique la mise en œuvre de certaines valeurs telles que la cohérence, la discipline, la rigueur.

Dans une interview accordée à RFI, le Premier ministre a réaffirmé que la population togolaise, la communauté internationale ont été toutes témoin du bon déroulement du processus électoral. « Le Togo est un pays démocratique », a-t-elle indiqué. Pour elle, les défis économiques sociaux et sanitaires constituent ses priorités.

Interrogée sur la poursuite judiciaire contre Agbéyomé Kodjo, Madame le Premier ministre s’est prononcée. « C’est pour nous une affaire de la justice et il faut laisser la justice faire son travail », a-t-elle indiqué. « Ce qui est important pour nous aujourd’hui, c’est de travailler à répondre aux besoins sociaux des populations », a-t-elle répété. « Et nous n’avons pas de temps à perdre », a-t-elle martelé.

Elle s’est également prononcée au sujet d’une quelconque reprise des élections présidentielles selon l’ANC. Sur cette question, elle a été très claire. « Pour nous, elle est tournée. Je sais qu’au Togo, tout le monde a compris que cette page est tournée », a-t-elle laissé entendre.

Pour Madame le Premier ministre, « il peut y avoir des gens qui ne sont pas contents, mais il faut se soumettre à cela. Sinon, on ne s’en sortira jamais. Il faut se soumettre à cela ».

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