Tchad : Le nouveau calendrier électoral contesté par le G24

A quelques jours après l’annonce des dates prévues pour les prochains scrutins notamment les présidentielles et les législatives, le G24…

Paradmin Catégorie Politique le 8 juillet 2020 Étiquettes :

A quelques jours après l’annonce des dates prévues pour les prochains scrutins notamment les présidentielles et les législatives, le G24 monte au créneau. Les 28 partis d’opposition « démocratique » rejettent, donc, le calendrier de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et le Cadre National de Dialogue Politique (CNDP).

Selon ce calendrier, les législatives se tiendront six mois après les présidentielles respectivement, le 11 avril et le 24 octobre 2021. Une première, puisqu’habituellement les législatives sont organisées avant les présidentielles. D’ailleurs, le scrutin législatif a fait objet de plusieurs reports et le mandat des députés de l’actuelle Assemblée a expiré, il y a cinq ans.

Ainsi, dans une déclaration rendue publique, lundi 06 juillet 2020, le G24 a porté à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, qu’il a constaté avec regret qu’au lieu de rechercher les solutions appropriées aux problèmes liés à l’organisation des futures élections, le Président Deby persiste dans sa fuite en avant.

Dans un entretien, le 07 juillet avec nos confrères de Rfi, Mahamat Ahmad Alhabo, le secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD), un des partis plus influents du groupe, a expliqué les raisons de la contestation du nouveau calendrier électoral.

Selon lui, si on organise les présidentielles en premier, il n’est pas certain que les autres scrutins notamment les législatives et les communales puissent être organisées plus tard. Il faut donc, indique Mahamat, qu’on organise d’abord les législatives et ensuite les présidentielles, soit à la rigueur, cumuler les deux, mais « on ne peut pas envoyer aux calendes grecques les législatives ».
Ahmad Alhabo a, par ailleurs, déploré le fait que le président tchadien Idriss Déby soit une personne égoïste (Ndlr). « Pour lui, la démocratie c’est lui, son élection, mais les autres pouvoirs tels que l’Assemblée nationale, la justice, ne sont pas très importants. C’est un grand problème pour nous, pour notre pays, parce que des députés qui n’ont pas de mandat depuis six ans votent des lois et des conventions internationales. Tout ça, ça tombe dans une certaine illégalité et illégitimité », a-t-il fustigé.

Également, le secrétaire Général du PLD a évoqué la question de la crédibilité des processus électoraux. Il a, donc, lancé un appel au pouvoir. « Nous demandons que le pouvoir arrête de s’ingérer, arrête de donner des oukases aux membres de la Céni. Il faut qu’il les laisse travailler en transparence, et qu’on élise des hommes indépendants du pouvoir et non des marionnettes », a-t-il lancé.
En ce qui concerne le recensement électoral biométrique, qui est prévu, le secrétaire du PLD relève des insuffisances. Pour lui, il ne sert à rien d’organiser un recensement biométrique si ce ne sera pas le cas pour le vote. Pour l’instant, les acteurs politiques tchadiens ont encore du temps pour discuter, afin de pouvoir s’accorder sur un calendrier électoral inclusif et consensuel.

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