Emploi : le licenciement de 170 travailleurs tourmente la SOFANAT Togo

Les délégués du personnel de la SOFANAT Togo et l’USYNTRAZOFE étaient en conférence de presse ce week-end à Lomé. Les…

Parredaction Catégorie Dossiers le 3 novembre 2020 Étiquettes : , , , , , ,

Les délégués du personnel de la SOFANAT Togo et l’USYNTRAZOFE étaient en conférence de presse ce week-end à Lomé. Les employés de la Société de Fabrication de Nattes (SOFANAT) et l’Union syndicale des travailleurs de la Zone franche d’exportation (USYNTRAZOFE) ont interpellé le gouvernement sur le licenciement abusif au sein de cette société.

En effet, le 02 avril passé, 170 travailleurs ont été licenciés en pleine pandémie de la covid-19 par la direction de la SOFANAT Togo. Sur une décision unilatérale, il a été décidé de rallonger la journée de travail de 08 heures à 12 heures sans pause. Cette décision prise sans concertation avec les travailleurs s’est heurtée à leur opposition. Ce qui leur a valu ce licenciement.

Une décision inappropriée selon le personnel de Sofanat Togo

L’USYNTRAZOFE et les délégués du personnel de l’entreprise dénoncent le « silence de l’administration du travail dans cette crise pandémique où l’employeur SOFANAT de la zone franche togolaise a licencié 170 travailleurs et de façon abusive ».

Pour les syndicalistes, il s’agit d’un silence vis-à-vis de la demande du dialogue social des travailleurs. Les tentatives de dialogue des délégués du personnel étaient sans suite. Ces derniers étaient d’ailleurs chassés. Malgré les interventions du syndicat y compris le dépôt des lettres d’excuses des travailleurs, la direction de la SOFANAT Togo est restée autiste.

« Le Directeur Général Adjoint de la SOFANAT était parti renvoyer de l’usine tous les ouvriers qui étaient aux postes et devaient finir à 14 heures. Le Chef du Personnel, quant à lui, était parti au portail de la société pour bloquer l’accès au service à l’équipe qui était arrivée pour remplacer celle du matin », a déclaré le syndicat.

Par ailleurs, les Délégués du personnel et syndicaux avaient eu à saisir par écrit la Société d’Administration de la Zone Franche (SAZOF), le 06 avril, mais n’ont eu aucune réponse.

La mauvaise gestion de la crise au sein de SOFANAT Togo

Alerté sur la question, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Togo a mal géré la situation d’après les responsables syndicaux. « La CSTT a accepté de nous accompagner dans cette crise, mais ce qu’elle a fait, par la suite, nous ne l’avons pas compris jusqu’alors », a dénoncé Joachim TEPE, un des délégués syndicaux de la SOFANAT Togo lors de la conférence de presse.

Il est d’abord reproché à la centrale syndicale d’être passée en négociation avec les propriétaires de la société sans l’avis des employés licenciés. « Nous n’avons pas accepté cette attitude parce que nous représenter sans notre consentement, c’est agir contre nous », estime Joachim TEPE. La CSTT est également accusée d’avoir voulu organiser les travailleurs pour affronter les employeurs en rang dispersé.

« Dans le contexte précis, la CSTT a demandé aux travailleurs d’accepter l’entretien individuel que propose l’employeur. Mais en plus de ça, lorsque l’employeur a commencé à exiger la lettre de demande d’excuse, nous avons une fois de plus fait recours à la CSTT qui nous a demandé d’aller écrire cette lettre », a-t-il ajouté.

« Pour tester la bonne foi de cette organisation, les travailleurs sont revenus voir ses responsables pour leur demander de les aider à produire une lettre d’excuse exemplaire afin de ne pas commettre d’erreur. Mais la CSTT a opposé un refus à cette demande parce qu’elle ne voulait pas répondre de ce qu’il en découlera », souligne M. TEPE. Pour les employés licenciés de la SOFANAT Togo, il y a donc de quoi douter de l’accompagnement de la CSTT au vu des comportements de ses responsables.

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