Sénégal : Quand la crise du coronavirus relance le débat sur l’utilité du Premier ministre

Censée fluidifier le fonctionnement de l’Etat, la suppression du poste de premier ministre établit un nouvel équilibre entre les pouvoirs…

ParBlaiti Dally Catégorie Dossiers le 9 juillet 2020 Étiquettes : ,


Censée fluidifier le fonctionnement de l’Etat, la suppression du poste de premier ministre établit un nouvel équilibre entre les pouvoirs en renforçant le caractère présidentiel du régime sénégalais. En supprimant, à la surprise générale, le poste de Premier ministre l’an dernier, l’objectif affiché du président Macky Sall était de gagner en efficacité. Mais aujourd’hui, c’est le contraire avec la pandémie de coronavirus.
En principe, avec la suppression du poste de premier ministre, le caractère présidentiel du pouvoir se trouve renforcé. L’exécutif sort, ainsi, du bicéphalisme. Et c’est le président qui est, à la fois, chef de l’Etat et chef du gouvernement. A priori, sur le plan de ses pouvoirs, il n’y aura rien à craindre puisqu’il détient également la majorité au parlement. D’ailleurs et comme dans bien des pays d’Afrique francophone, le premier ministre n’est qu’un fidèle des fidèles du président. Sans une grande marge de manœuvre, il n’est qu’un simple exécutant de la volonté du président de la république.

Toutefois, sa seule présence fait que l’opinion se tourne souvent et toujours plus sur le gouvernement que sur la personne du président de la République, même si c’est ce dernier qui détient tous les pouvoirs en réalité. Le premier ministre sert d’intermédiaire, de courroie de transmission entre le chef de l’Etat et toutes les autres institutions. L’avantage, c’est que lorsque le pays va mal, on s’attaque directement au gouvernement et le chef de l’Etat se cache derrière. Que le président soit empêché ou malade, on ne le sent pas à cause de la présence du premier ministre.

Cette utilité du premier ministre est ressentie en cette période de pandémie où Macky Sall est en confinement depuis deux semaines pour avoir été en contact avec une personne testée positive. Ce qui aujourd’hui complique les choses en raison de l’absence d’un autre chef en dehors du président. C’est ce qui justifie cette analyse de Théodore Chérif Monteil, député Union Citoyenne Bunt Bi, membre de la majorité : « Si on prend l’exemple de la gestion de la pandémie, quand il a fallu réajuster comme il n’y a pas de coordination, Et c’est comme si on a une charrue avec des ânes qui tirent chacun de leur côté. » 

De cette analyse, on comprend aisément que le premier ministre était un véritable coordonnateur de toutes les actions gouvernementales et son absence en cette période de pandémie ne fera qu’affaiblir le président. C’est justement ce que pense, aussi, Moussa DIAW en ces termes : « C’est vrai qu’il a concentré tous les pouvoirs entre ses mains, mais il apparaît en première ligne lors des critiques. Chaque fois qu’il y a des problèmes, on demande l’intervention du président de la République ». 

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