Mali/Un enlèvement intriguant : 100 jours de cauchemar de Soumaila Cissé

Frustré et indigné des jours de séquestration sans nouvelle de Soumaila Cissé, les maliens expriment leur ras-le-bol. Après plus de…

Paradmin Catégorie Politique le 7 juillet 2020

Frustré et indigné des jours de séquestration sans nouvelle de Soumaila Cissé, les maliens expriment leur ras-le-bol. Après plus de cent jours d’enlèvement à Niafunke au nord du Mali, le sort du chef de file de l’opposition malienne inquiète.

Candidat malheureux à la présidentielle de 2018, Cissé est réclamé par ses parents, amis, alliés et sympathisants de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), son parti politique.

En effet, enlevé à Niafunke en pleine campagne des élections législatives par les djihadistes de la katiba macina, Soumaila Cissé serait en souffrance de ces traitements. A 71 ans, Soumaila Cissé, fort de son état de santé, vit sous insuline. Ce qui amène ces militants et autres maliens à se demander s’il a accès à ses médicaments et reçoit un traitement de qualité.

Trois semaines déjà sans nouvelles ni fuite des négociations de sa libération, bon nombre de maliens déplorent cette situation. Elle entraine une manifestation réclamant la libération de l’adversaire politique de taille du président Ibrahim Boubacar Keita. Les jeunes de son parti (URD) engagent, également, les grands moyens pour exiger la libération immédiate du président de leur parti.

Quelques jours plus tôt, le président Ibrahim Boubacar Keita, dans une allocution, affirmait que les ravisseurs de Cissé étaient connus et, donc, très bientôt le chef de file serait libéré. Une affirmation qui suscite beaucoup de polémique chez les maliens qui incessamment attendent de voir Soumaila libre. Mais, leurs attentes étant restées vaines et nourrissant les inquiétudes, les sympathisants et mouvements engagés pour sa libération comptent faire entendre leur voix.

Ce qui pousse ces derniers ainsi que les diverses communautés à douter de la promesse du président. Ils se posent la question de savoir si cet enlèvement n’est pas politique au sens où aucun groupe de ravisseur ne le revendique.

Si on est à même de concevoir que dans un Etat démocratique, de surcroît en période de campagne où les leaders politiques ont une garantie de sécurité, un chef de file d’opposition se fait enlever, alors il faut remettre en cause la gouvernance du président Ibrahim Boubacar Keita. Une situation qui ne rassure point les divers acteurs maliens tout en accentuant le climat de suspicion.

Il est, au demeurant, difficile de croire que le Mali pourrait retrouver la stabilité, la paix, la sécurité avec un chef de file retenu dans un pays profondément meurtri par les violences depuis plusieurs années. Ce qui est loin de contribuer à un élan national nécessairement inclusif.

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