Mali : quelle transition se profile à l’horizon ?

Alors que se poursuivaient ce lundi les discussions entre les militaires putschistes et les représentants de la Communauté des Etats…

Parredaction Catégorie Politique le 25 août 2020 Étiquettes : , , , ,

Alors que se poursuivaient ce lundi les discussions entre les militaires putschistes et les représentants de la Communauté des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), la perspective d’une « transition civile » de neuf mois semble s’éloigner. Partie pour durer finalement trois années, la transition pourrait s’appuyer essentiellement sur les militaires, comme l’a laissé entendre une source de la CEDEAO à l’Agence France Presse.

La junte, qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) le 18 août dernier, avait promis une « transition politique civile » et l’organisation des élections. Mais, avec les discussions avec la CEDEAO, on se dirigerait vers une transition militaire. Si cela semble se justifier, une transition militaire ne fait pas l’unanimité.

La junte souhaite revoir les fondements de l’Etat malien

Les militaires putschistes ont accepté de libérer le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keïta. Mais, ils affirment leur intention de piloter une transition de trois années.

Selon une source au sein de la délégation de la CEDEAO qui s’est confiée à l’AFP, « la junte a affirmé qu’elle souhaite mener une transition de trois ans pour revoir les fondements de l’Etat malien. Cette transition sera dirigée par un organe présidé par un militaire, qui sera en même temps chef de l’Etat ».

La même source précise que le président du Mali, IBK sera libéré, et qu’il pourra retourner à son domicile ou bien voyager s’il le souhaite. En revanche, l’ex-Premier ministre Boubou Cissé sera placé en résidence surveillée.

Les putschistes ont, également, justifié leur intention notamment par l’insécurité régnant dans le pays et par le manque de moyens de l’armée. Toutefois, l’opinion n’est pas pour une transition militaire.

Une transition militaire contestée du bout des lèvres

Aujourd’hui, une question mérite d’être posée concernant la proposition d’une transition militaire. Quelle est la place qui serait alors réservée au mouvement d’opposition, regroupé au sein du M5-RFP. Ce mouvement est le véritable meneur de lutte anti IBK. Il avait battu le pavé à Bamako et au-delà pendant des semaines pour demander le départ du président. On se rappelle également que le M5 rattrapé par le coup d’État a rassemblé ses partisans à la place de l’indépendance à Bamako pour « fêter la victoire du peuple malien ».

L’opposition n’aurait jamais imaginé l’accaparement du pouvoir par les putschistes. Au moment où les discussions se poursuivent, un sommet extraordinaire des chefs d’Etats de la CEDEAO se tiendra le 27 juillet.

Selon le quotidien Le 22 Septembre : « Aucun militaire ne doit prétendre diriger la transition. Une transition militaire est inacceptable dans un pays habitué à la démocratie », affirme-t-il. « Ce qui est souhaitable, c’est qu’un consensus puisse prévaloir entre acteurs politiques pour une transition civile. (…). Avec (à sa tête) le président de la Cour Constitutionnelle, le président de la Cour Suprême, ou encore le Médiateur de la République, entre autres », a-t-il ajouté avant de marteler : « Tout sauf un militaire pour le retour à l’ordre constitutionnel normal ! ».

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