Mali : Nouvelle médiation de la CEDEAO, quelles chances ?

Les derniers développements de la crise sociopolitique au Mali n’augurent pas un lendemain meilleur. Ce qui inquiète et interpelle toute…

Parredaction Catégorie Politique le 17 juillet 2020

Les derniers développements de la crise sociopolitique au Mali n’augurent pas un lendemain meilleur. Ce qui inquiète et interpelle toute la communauté internationale et en premier la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Depuis le début des manifestations anti IBK avec pour mot d’ordre « la démission du président », l’on se trouve dans une ambiguïté quant à une sortie définitive de crise. Avec l’abandon « flottant » de la revendication principale du M5 et la dernière manifestation marquée par des violences avec un bilan de 124 blessés et 11 décès, l’espoir semble perdu.

Ce revirement de la situation fait, donc, intervenir la CEDEAO. Elle a dépêché une délégation au Mali conduite par l’ancien président de la République fédérale du Nigéria Good Luck Jonathan. Cette délégation réussira-elle sa mission ? Quelles sont ses chances ? Cette nouvelle médiation est une nécessité même si l’issue demeure incertaine.

La nécessite de la médiation                 

« Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès » dit-on souvent. Cet adage bien connu constitue le véritable fondement des médiations dans les crises africaines. En décidant une fois encore d’intervenir dans la crise socio-politique au Mali, la CEDEAO s’inscrit dans la logique des « solutions africaines aux problèmes africains ». Se référant à la lettre de Jean-Claude Kassi Brou au président Jonathan le nommant médiateur, on peut retenir ceci : « Compte tenu de votre position en tant qu’ancien président de la République fédérale du Nigéria et du grand rôle et des contributions que votre mandat a offert au maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans notre région ». Du coup, le choix ainsi que les qualités du médiateur en chef pourraient jouer en faveur d’une résolution de la crise.

L’envoyé spécial a pour rôle de faciliter le dialogue avec toutes les principales parties prenantes au Mali, afin d’éviter l’aggravation de la situation sociopolitique. Avec l’annulation des manifestations prévues ce vendredi, on pourrait penser que la médiation a des chances de bien se dérouler. Toutefois, la fin de la médiation reste incertaine.

Une fin incertaine de la médiation

Si la médiation est reconnue, aujourd’hui, comme un moyen privilégié de prévention, de gestion et de règlement des conflits en Afrique, elle n’est pas, loin s’en faut, un gage de succès dans le règlement des conflits sociopolitiques internes.

Même s’il est vrai que le succès de la médiation dépend le plus souvent des qualités intrinsèques du médiateur et de l’adhésion des parties en conflit au processus de médiation, le cas malien réserve toujours des surprises.

Aujourd’hui, le Mali se trouve dans une situation où certains facteurs peuvent échapper autant au médiateur qu’aux parties. Ces facteurs constituent de véritables aléas de la médiation. Il s’agit de l’intransigeance des parties liée aux intérêts divergents ainsi que la gestion d’autres crises.

Pour l’heure, même si le succès de cette médiation est vivement souhaité, l’issue de la mission demeure imprévisible.

Comments


Laisser un commentaire


Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *