Haïti : le ministre de la justice révoqué

Depuis le début de cette année, le Haïti, tout comme les autres pays du monde, traverse une crise sécuritaire sans…

Parredaction Catégorie Politique le 14 juillet 2020

Depuis le début de cette année, le Haïti, tout comme les autres pays du monde, traverse une crise sécuritaire sans précédent. Ce qui a poussé la Représentante spéciale du Secrétaire général pour Haïti a affirmé, au Conseil de sécurité, que c’est par la combinaison d’une volonté nationale forte et d’un soutien international constant que Haïti peut surmonter la crise multiforme à laquelle le pays fait face. Mais, il parait que certaines personnalités politiques ne mesurent pas la portée de la crise. C’est justement pour ne pas envenimer la situation qu’on apprend depuis hier soir la révocation du ministre de la justice. Les motifs pour lesquels il a été remercié justifient-ils la volonté de restauration d’un climat de sécurité ? Il parait que c’est la raison fondamentale.

En effet, le garde des Sceaux avait animé, le jeudi 9 juillet 2020, une conférence de presse controversée. Durcissant le ton contre les gangs, Lucmanne Délille avait indiqué tout ignorer de la répression policière de manifestations pacifiques devant son propre ministère.

Même si l’arrêté présidentiel révoquant Lucmanne Délille ne mentionne pas les détails sur les motifs de ce renvoi, il faut noter que quelques heures avant qu’il ne soit débarqué, il avait fermement assuré devant les journalistes que la police allait traquer les membres de gangs qui avaient pu défiler à travers les rues de Port-au-Prince, le mardi 7 juillet, mitraillettes en mains, sans jamais être inquiétés par aucune force de police. À cette même conférence de presse, le désormais ex-Garde des Sceaux avait, en revanche, indiqué ne pas être au courant des répressions policières qui avaient empêché les mobilisations pacifiques devant le ministère de la Justice.

Sur la base de ces éléments, on peut sans se tromper affirmer que la préservation d’un climat sécuritaire aurait le plus motivé la révocation du ministre. Par ailleurs, on reprocherait au ministre son ton offensif envers les organisations de défense des droits humains qui accusent le pouvoir de fermer les yeux, sinon de soutenir les gangs.

Nommé le même jeudi soir pour le remplacer, Rockfeller Vincent est le quatrième ministre de la Justice en Haïti depuis la prise du pouvoir par Jovenel Moïse en février 2017. Le nouveau ministre de la justice aura pour mission de faire « face à l’insécurité et la répression policière », selon la correspondante de RFI à Port-au-Prince, Amélie Baron.

In fine, tous les regards sont, donc, tournés vers le nouveau ministre de la justice Rockfeller Vincent.

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