Guinée/présidentielle 2020 : Une probable crise politique née du choix de la date

En décembre 2020 finit le mandat du président guinéen, Alpha Condé. Ainsi, le pays se prépare pour les prochaines échéances…

Paradmin Catégorie Politique le 8 juillet 2020

En décembre 2020 finit le mandat du président guinéen, Alpha Condé. Ainsi, le pays se prépare pour les prochaines échéances électorales. Cependant, la tension monte entre le pouvoir et les partis de l’opposition qui peine encore à s’accorder sur la date prévue pour le prochain scrutin présidentiel. Va-t-on vers une éventuelle crise politique pré-électorale ? Que pourrait faire la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour empêcher un nouveau chaos politique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest ?

Polémique autour du 18 octobre 2020

Réunis en plénière le 11 juin dernier, les membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ont annoncé le chronogramme du scrutin présidentiel de 2020 tout en proposant la date du 18 octobre pour la tenue du premier tour électoral. Date, que devrait valider le président Alpha Condé.

L’opposition guinéenne dans une déclaration rendue publique, le 24 juin 2020, a dénoncé le chronogramme diffusé par la CENI. Pour les partis de l’opposition, cette commission viole non seulement la loi électorale, mais aussi ignore la situation politique et sanitaire du pays en fixant la date de l’élection présidentielle sans concertation préalable. Elle pose, donc, à présent ses conditions indispensables à sa participation au scrutin.

D’après les informations, le parti présidentiel a indiqué, ne trouver aucun inconvénient à la date du 18 octobre 2020 et se dit prêt pour affronter l’échéance. Si la date des élections étaient bien validées, a-il indiqué, cela empêcherait un glissement du calendrier électoral en Guinée. 

Une crise politique en vue au cas où…
Difficile d’en avoir la certitude. Mais, les différentes positions au sein de la classe politique laissent penser à une crise pré-électorale en République de Guinée. Se trouvant dans une position de force, le parti au pouvoir fait la sourde oreille quant aux revendications de l’opposition et agit en roues libres.

La CENI, quant à elle, avance en suivant l’ordre chronologique préétabli, en respect probable au code électoral et à la constitution en vigueur. C’est ce que Mamadi 3 Kaba, porte-parole de la CENI, a, dans une émission télévisée le 02 juillet 2020, expliqué. Pour lui, les raisons du choix de la date du 18 octobre « a été basé sur le respect d’une disposition constitutionnelle ».

Mamadi 3 Kaba a indiqué que la constitution, en son article 43, dispose que dans les 90 jours au plus et 60 au moins avant l’expiration du mandat du président en fonction, doit avoir lieu le premier tour de l’élection du prochain président de la République. Eu égard à cette disposition et pour une élection inclusive, la CENI a opté pour le délai minimum (60 jours) pour proposer le 18 octobre.

A rebours, pour Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne, il est impossible de régler tous les problèmes d’ici le 18 octobre. Le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) assure que sa formation « est prête à participer à la prochaine présidentielle, mais exige du pouvoir la restauration de l’ordre constitutionnel en Guinée ». L’annulation du referendum constitutionnel et du scrutin législatif du 22 mars dernier avec pour conséquence la dissolution de l’Assemblée Nationale et le retour à l’ancienne Constitution ; l’installation des Conseils régionaux en même temps que les Conseils de quartier ou de district sont, entre autres, des revendications de l’opposition qui rejette le chronogramme de la CENI.

Pour se faire entendre, il est évident que l’opposition ferait une descente dans les rues pour faire pression sur le président Alpha Condé qui laisse planer le doute au sujet de sa volonté de briguer un troisième mandat.

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