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Santé : explosion des demandes en Artemisia à l’ère de la COVID-19

Au Togo, les demandes en Artémisia ont flambé et entrainent une pénurie de la tisane au plan national. Alors que…

Parredaction Catégorie Santé le 15 juillet 2020


Au Togo, les demandes en Artémisia ont flambé et entrainent une pénurie de la tisane au plan national. Alors que la pandémie du Covid-19 fait des milliers de victimes dans le monde, l’Artemisia (annua,afra) revient, en Afrique, sur le devant de la scène. Cette plante est utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise et africaine depuis quelques années pour la lutte contre le paludisme. Elle suscite, depuis l’apparition du Covid-19, autant d’enthousiasme. 

La tisane est entrée dans les habitudes de traitements non pharmaceutiques du paludisme au Togo. Ses sachets se font de plus en plus rares et chers au Togo à cause de la crise sanitaire mondiale.

Origine d’Artémisia

En effet, l’Artemisia (armoise) est une plante originaire de Chine où elle est abondamment cultivée. Elle a été importée à Madagascar, puis dans d’autres pays d’Afrique. Il y a plus de trois cents espèces de la plante décrites par les botanistes. Elles poussent aussi bien sous les latitudes tempérées qu’en zones tropicales. Deux grandes espèces (annua et afra) sont les plus cultivées en Chine et en Afrique.

De la plante est extrait l’artémisinine utilisée dans la fabrication des molécules antipaludéen. En Afrique, l’Artemisia afra, qui ne contient pas d’artémisinine, mais utilisée en infusion contre la fièvre, est la plus rependue.

L’OMS, pour sa part, a recommandé le traitement du paludisme sur des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA). Depuis plusieurs années, un débat portant sur l’efficacité contre le paludisme de divers produits non pharmaceutiques à base d’Artemisia agite la communauté scientifique.

Covid-Organics revalorise Artémisia

La question de la composition et la qualité des remèdes non-pharmaceutiques à base d’Artemisia n’a pas fini d’être discutée que dans le contexte de la pandémie de Covid-19, après l’annonce du président malgache qu’une boisson baptisée Covid-Organics à base d’extraits de la plante pourrait constituer un remède contre le coronavirus, la tisane se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs.

Depuis cette annonce, les sachets de cette tisane distribuées sur le marché togolais par les fermes : Sichem du Bénin, de Gléi, de Datcha… au prix de 1500 FCFA ont connu une flambée considérable (1800 FCFA, 2000 FCFA, 2500 FCFA…) chez les revendeurs et une rupture de stock est constaté sur l’ensemble du territoire national. Cette pénurie et cherté de la tisane met les battons dans les roues de ceux qui l’utilisaient pour lutter contre le paludisme avant l’avènement du Covid-19.

De ce fait, la pandémie du Covid-19 a, aujourd’hui, donné un prix d’or à la tisane restée pendant longtemps dans l’ombre des amoureux de la médecine traditionnelle. Il est à noter qu’en l’absence de données robustes ou d’études à plus long terme avec des doses contrôlées d’extraits d’Artemisia annua, elle ne constitue pas pour le moment un traitement contre le Covid-19. Toutefois, avant l’obtention des résultats des essais cliniques sur cette tisane, elle est, à ce jour, une denrée rare comme une aiguille perdue dans le sable au Togo.

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