Côte d’Ivoire : la CEDEAO envoie un message à la classe politique

La CEDEAO (Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest) s’est adressée aux aux acteurs politiques ivoiriens. Cette sortie intervient…

Parredaction Catégorie Politique le 25 août 2020 Étiquettes : , ,


La CEDEAO (Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest) s’est adressée aux aux acteurs politiques ivoiriens. Cette sortie intervient à la suite des manifestations politiques qui ont fait plusieurs morts en Côte d’Ivoire. Dans un communiqué, la CEDEAO condamne les violences et appelle les acteurs socio-politiques à faire preuve de responsabilité.

Ces dernières semaines, la Côte d’ivoire a été mouvementé par des manifestations éclatées sur toute l’étendue du territoire national. Ces manifestations ont entraîné des heurts, des scènes de pillage et de vandalisme dans plusieurs villes, notamment Divo et Bonoua. Bilan : au moins 7 morts, plusieurs personnes blessées et une trentaine d’arrestations, depuis le 13 août dernier.

Dans un communiqué, « la commission de la CEDEAO exhorte tous les acteurs politiques ivoiriens à éviter les violences et à recourir au dialogue et aux voies de droit pour résoudre tous leurs différends ».
La commission dirigée par l’Ivoirien Jean-Claude Brou invite ces acteurs politiques « à faire preuve de retenue en toutes circonstances et à demander à leurs partisans et sympathisants à faire de même, de manière à favoriser la création d’un environnement propice à une élection apaisée et crédible ».

Opposition et société civile manifestent contre le troisième mandat d’Alassane Ouattara. Ceux-ci estiment que la nouvelle constitution de 2016 n’autorise pas le président sortant à faire un autre mandat.

CEDEAO ou pas, Ouattara a déposé son dossier de candidature

Alassane Ouattara a été investi pour un troisième mandat ce samedi 22 août, au lendemain de nouvelles violences. L’investiture s’est déroulée dans un Stade Felix Houphouët-Boigny archi plein. Nonobstant sa contestation par l’opposition, Alassane Ouattara a déclaré que sa candidature est belle et bien constitutionnelle.

« Parce qu’ils ont peur, ils brûlent les bus et barrent les routes », a dénoncé Ouattara, avant de prévenir « Le temps où l’on pouvait accéder au pouvoir par accident est passé ». 48 heures après cette investiture, Alassane Ouattara a déposé son dossier de candidat, ce lundi, à la Commission Electorale Ivoirienne (CEI). Il était accompagné de plusieurs membres du gouvernement dont le Premier Ministre Hamed Bakayoko.

« Vous venez de constater, je viens de déposer mon dossier de candidature entre les mains du Secrétaire permanent de la CEI, ce lundi 24 août 2020. Et nous avons, au niveau du RHDP, tenu la convention d’investiture le samedi 22 août », a-t-il insisté.

« Je considère que notre pays fait la démonstration de l’enracinement de la démocratie depuis ces dernières élections qu’elles soient présidentielles, législatives, municipales et sénatoriales. Et je sais que la Côte d’Ivoire verra une bonne élection le 31 octobre prochain », a tenu à rassurer Alassane Ouattara. Ce avant l’implication de la CEDEAO.

Présidentielle à Hauts risques, s’inquiète la CEDEAO

L’élection présidentielle du 31 octobre n’a même pas encore démarré qu’elle est déjà sujette à tension. D’un côté, l’opposition et la société civile qui manifestent contre la candidature de M. Ouattara. Et de l’autre, les partisans du président sortant qui sont prêts à défendre cette candidature et un nouveau mandat à la tête de l’Etat.

Vendredi dernier, des violences ont été enregistrées à Divo et Bonoua où des magasins et des maisons ont été saccagés. On signale au moins deux morts à Divo, 200 km au nord-ouest d’Abidjan. Les manifestants accusent des députés proches du pouvoir d’avoir fait venir d’Abidjan un groupe de « microbes » (les enfants délinquants) pour s’attaquer à eux. De l’autre, le parti au pouvoir accuse les organisateurs des manifestations d’attiser la flamme de la violence et de l’illégalité pour arriver à leur fin.

En effet, les manifestations organisées par les femmes, le vendredi dernier, étaient interdites par les autorités. Les villes de Bonoua et Divo sont sous couvre-feu de 21h à 5h du matin, jusqu’au 27 août, en raison des violences.

A la suite des violences de vendredi dernier à Divo, un activiste résidant au Canada a appelé la population de Divo à « tuer les Dioulas » (ethnie dont est issue Alassane Ouattara). Les Dioulas sont accusés d’être à l’origine des dernières violences à Divo et Bonoua.

Cette accusation fait raviver le spectre des violences intercommunautaires qu’a connu le pays des années durant. C’est ce qui inquiète la CEDEAO.

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