Côte d’Ivoire : de vives tensions avant l’investiture de Ouattara le 22 août prochain

A la suite des manifestations qui ont fait plusieurs morts et blessés en Côte d’Ivoire ce jeudi, les réactions se…

Parredaction Catégorie Politique le 14 août 2020 Étiquettes : ,

A la suite des manifestations qui ont fait plusieurs morts et blessés en Côte d’Ivoire ce jeudi, les réactions se multiplient au sein des partis politiques, des élus locaux et de la société civile. Alors que chacun se rejette la faute, le pouvoir refuse d’abdiquer et annonce l’investiture de son candidat Alassane Ouattara pour le troisième mandat controversé. Investiture prévue pour le 22 août prochain, à Abidjan, la capitale.

En Côte d’Ivoire, les marches synchronisées organisées, jeudi, par une organisation de la société civile se sont déroulées avec plusieurs incidents. « Non au troisième mandat de Ouattara ». C’est ce qu’ont scandé à Abidjan, comme à l’intérieur du pays, ces centaines voire milliers d’Ivoiriens qui ont répondu à l’appel à manifester. A Daoukro, fief du PDCI de l’ex chef d’Etat Henri Konan Bédié, des violences ont été enregistrées. Le siège du RHDP (parti unifié de Ouattara) a été saccagé dans cette ville Baoulé où trois morts sont enregistrés.

A Bonoua, un autre fief du FPI, des violences ont également eu lieu. Un commissariat de police a été incendié, le commissaire lynché par des manifestants. Dans cette ville située au nord-est de Grand-Bassam à quelques kilomètres d’Abidjan, on signale également un mort parmi les manifestants et plusieurs dégâts matériels.

A Gagnoa, un autre fief du FPI de Laurent Gbagbo, les manifestants venus de plusieurs quartiers ont bravé les interdictions pour se regrouper dans le centre-ville. La police a fait usage de la force conventionnelle pour les disperser. Au moins 25 d’entre eux ont été interpellés, puis déférés à la prison civile de cette ville située au centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Ils seront jugés pour trouble à l’ordre public.

Menaçant, le RDHP accuse Simone Gbagbo et Bédié, le FPI appelle à une enquête

Avant le début des manifestations éclatées, Simone Gbagbo avait fait une sortie médiatique dans laquelle elle a déclaré que la constitution n’autorisait pas Ouattara à faire un troisième mandat. Les propos de l’ex première dame, qui, jusqu’alors, était restée muette sur le sujet, ont énervé les partisans du candidat sortant. A la suite des violences observées jeudi, Madame Gbagbo a été accusée d’incitation à la violence par le parti au pouvoir, RHDP. Ces derniers ont ensuite proféré des menaces à son endroit.

« Si Mme Simone Gbagbo continue d’attiser la flamme de la haine et de la division qui pourrait engendrer des blessés et des morts, les femmes du RHDP se verront dans l’obligation de demander au Président de la République de ne plus s’interposer et de laisser le processus de son transfèrement à la CPI », ont déclaré les femmes du RHDP lors d’une conférence de presse, jeudi à Abidjan.

C’est le même son de cloche au niveau des autres cadres du RHDP. En conférence de presse, toujours hier à Abidjan, les responsables du parti unifié de Ouattara ont condamné les violences avant de prévenir contre tout autre risque. « Nos militants sont aux aguets. Il ne faut pas les pousser à bout », a lancé Adama Bictogo, Secrétaire Exécutif du RHDP. « Est-ce que nous, on se préoccupe de quelqu’un qui est sous mandat d’arrêt international (Simone Gbagbo, Ndlr) et quelqu’un qui a 86 ans (Bédié, Ndlr) et qui peut être frappé d’une cécité intellectuelle ? », a-t-il martelé.

Le FPI-branche Affi N’guessan a condamné, pour sa part, les violences et appelé les autorités ivoiriennes à ouvrir une enquête. A Daoukro où trois morts ont été enregistrés, les élus locaux appellent à ne « pas accuser sans preuves ». « Nous nous sommes accordés à ne pas accuser et se justifier. Dans la soirée, nous sommes informés de l’attaque de la maison du PDCI et de l’augmentation de la tension. Le lendemain nous avons appris que les jeunes de l’opposition ont donné la réplique en allant visiter la maison du RHDP. Au final, nous nous sommes rendus compte que des personnes tapies dans l’ombre jettent le feu au poudre », lit-on dans une déclaration.

Ouattara ne fléchira pas

Les marches ne vont pas empêcher Ouattara de briguer un troisième mandat. La preuve, il sera investi par son parti le 22 août 2020 au stade Houphouët-Boigny, malgré les tensions. C’est du moins ce qu’a annoncé en conférence de presse, jeudi, Adama Bictogo, Secrétaire Exécutif du parti. Il avait à ses côtés plusieurs cadres du parti dont le Ministre Adjoumani et le Ministre Cissé Bacongo. « Notre objectif, c’est de remporter les élections dès le premier tour », a-t-il déclaré, ajoutant que « l’opposition crie dans le vide, le débat est clos. Il n’y a que le Conseil Constitutionnel qui peut décider de l’éligibilité de qui que ce soit ». Cissé Bacongo, qui était le premier cadre du RHDP a affirmé que Ouattara ne pouvait pas briguer un autre mandat, s’est rétracté en indiquant que ses propos ont été sortis de leur contexte.

L’élection présidentielle aura lieu le 31 Octobre, en Côte d’Ivoire. L’opposition veut toujours croire en sa capacité à empêcher un troisième mandat du président élu.

Comments


Laisser un commentaire


Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *