Burkina-Faso : Vers le report justifié des législatives ?

Les élections législatives devraient se tenir le 22 novembre prochain, à la même date que la présidentielle, mais les députés…

Paradmin Catégorie Politique le 10 juillet 2020

Les élections législatives devraient se tenir le 22 novembre prochain, à la même date que la présidentielle, mais les députés souhaitent qu’elles soient reportées d’une année. Cette démarche de report est justifiée par des raisons sécuritaires.

En effet, ce souhait manifesté par les députés participe d’une tournée dans le pays assortie d’un rapport d’une vingtaine de pages. Ce rapport démontre que toutes les conditions ne seront pas réunies pour la tenue effective de l’élection des représentants des populations. Elle doit être reportée en fin 2021, recommandent les élus du peuple. « Dans certaines régions ou provinces, il y est quasi impossible d’y mettre les pieds », note le président de l’Assemblée nationale. « Quelle peut être la représentativité d’un député élu par deux communes sur 26 ou 30 ? Quelle légitimité aura une telle Assemblée ? », se demande justement Alassane Bala Sakandé, constatant par ailleurs qu’organiser les législatives dans ce contexte débouchera sur l’élection des députés illégitimes. Toutefois, les élections présidentielles auront lieu. Pour quelles raisons ? Selon le journal jeune Afrique pour « Ne pas tomber dans un vide juridique dans un terrorisme institutionnel ».

La pertinence de la tenue la présidentielle à la date indiquée, c’est-à-dire en cette fin d’année trouve sa justification dans le fait qu’elle « permet que le pays soit toujours gouverné et cela permet qu’on n’entre pas dans un système de transition sans fin », explique en outre le président de l’Assemblée nationale.

Ledit rapport de visite de terrain a été voté par la majorité des élus présents à la séance, 105 sur 127. Il a été adopté à l’unanimité et normalement conduira au report appelé de leurs vœux. Toutefois, s’il y a unanimité autour d’un report en raison de l’insécurité grandissante, les zones d’ombre peuvent apparaitre lorsqu’on sait qu’une prorogation de mandat entraine nécessairement le bénéfice des privilèges liés aux fonctions des députés. Bref, du moment où aucun député n’est sûr d’être réélu, ils préfèreront jouer à la prolongation et dans ces conditions, ils ont tous les arguments à faire valoir pour leur maintien en fonction. Pour l’heure, nous osons croire que les motifs sécuritaires sont vraiment sincères.

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