[Exclusif] Arbitrage féminin au Togo : Gildas KANNI, une arbitre qui fait parler d’elle au-delà des pelouses

L’arbitrage féminin au Togo a le vent en poupe. Parmi, les brillantes sportives qui composent l’équipe des arbitres, figure Gildas…

Parredaction Catégorie Sport le 11 juin 2021 Étiquettes : , , , ,

[bsa_pro_ad_space id=4]

L’arbitrage féminin au Togo a le vent en poupe. Parmi, les brillantes sportives qui composent l’équipe des arbitres, figure Gildas KANNI. La comptable de l’Agence de communication Sigma Corporation prend très au sérieux ses fonctions d’arbitre, même en dehors des pelouses. C’est-à-dire, des matchs qu’elle officie. L’arbitre au grade de fédéral a accordé une interview exclusive à la rédaction de « Lomégraph ».

Lomégraph : Bonjour Madame, vous exercez en tant qu’arbitre en dehors de votre activité principale. Dites-nous ce que l’arbitrage représente pour vous ?

Gildas Kanni : L’arbitrage est comme mon « violon dingue ». C’est une passion. Cela représente beaucoup pour moi. Je ne vais pas dire que si je ne fais cela, je ne vais pas vivre. Je l’exerce parce que j’aime le faire. C’est un métier qui éduque. Il change notre manière d’être, parce qu’il faut être véridique. Par exemple, il faut contrôler tout ce que tu fais ou encore te faire respecter en respectant les autres.

[Exclusif] Arbitrage féminin au Togo : Gildas KANNI, une arbitre qui fait parler d’elle même au-delà des pelouses

 

Comment êtes-vous entrée dans l’univers de l’arbitrage féminin au Togo ?

Je suis entrée en arbitrage en 2014 par le biais d’un ami arbitre. D’abord, j’aime beaucoup le sport. En me voyant courir, il a été ébahi et m’a demandé si j’étais intéressée par l’arbitrage. Ce qui me plait en arbitrage féminin au Togo, c’est la pratique intense du sport. L’arbitrage nécessite une forte condition physique, c’est d’ailleurs la base de la discipline.

Tu peux bien maitriser les règles théoriques, mais si tu n’es pas physiquement en forme, tu ne pourras pas courir comme les joueurs et être au même niveau que le ballon sur le terrain. Je suis donc entrée en arbitrage parce que j’aime courir et cela me permet d’être en bonne santé.

J’ai été formée au centre de formation des arbitres à l’Université de Lomé. Il y a aussi des commissions régionales et des arbitres ainsi que des districts pour les formations sur l’ensemble du territoire.

Parlez-nous un peu de votre parcours en arbitrage féminin au Togo ?

J’ai commencé en tant qu’arbitre élève. Pour apprendre, on suit les matchs et on étudie les règles du jeu du football. Ce sont ces lois qui sont appliquées à travers le monde. Ces lois sont éditées par l’International Football Association Board (IFAB) et subissent annuellement des modifications.

Pendant qu’on étudie, on passe les examens pour obtenir des grades, qui sont principalement à quatre niveaux. Il y a principalement le grade district, de ligue et de fédéral. En dehors de ces trois, il y a le niveau FIFA, auquel on accède sur nomination. Il faut reconnaitre que c’est un long parcours et il faut s’armer de beaucoup de courage. Actuellement, je suis fédéral, et je vise le grade FIFA.

Vous exercez aussi en tant que comptable à Sigma Corporation. Comment arrivez-vous à concilier les deux fonctions ?

J’arrive facilement à concilier ces deux fonctions. L’activité principale, c’est la comptabilité et l’arbitrage vient en second plan, puisque que c’est juste une passion. Il est difficile de se dire qu’on va faire une longue carrière en arbitrage, parce qu’on ne peut pas demeurer éternellement jeune et avoir la force physique.

[Exclusif] Arbitrage féminin au Togo : Gildas KANNI, une arbitre qui fait parler d’elle même au-delà des pelouses

À un moment, on sera appelé à raccrocher parce que l’organisme même ne pourra plus répondre. Mais la comptabilité, c’est ce que j’ai appris. J’ai eu une formation de gestionnaire-comptable, d’où mon emploi à Sigma Corporation. Parallèlement, j’exerce un autre de mes talents.

Est-ce qu’il arrive qu’une des fonctions influence l’autre ?

Je ne dirai pas que l’une influence l’autre. Il faut reconnaitre que l’arbitrage demande beaucoup de temps. C’est un sacrifice, puisqu’il faut s’entrainer et apprendre chaque jour. Je ne peux pas aussi aisément affirmer que l’un est plus important que l’autre.

En comptabilité, il faut être véridique, rapporter les vrais chiffres et c’est les mêmes principes en arbitrage. C’est l’arbitre qui apprécie le jeu. Il faudrait donc qu’il applique strictement la loi, en étant totalement impartial. Du côté de la comptabilité, on peut utiliser la rigueur qu’il y a au niveau de l’arbitrage, parce qu’il faut être rigoureux, véridique.

Partagez avec nous les temps forts de votre carrière en tant qu’arbitre ?

Les temps forts sont généralement les finales que nous officions souvent. Or, ce n’est pas aussi facile d’avoir l’opportunité. On fait un tournoi et à la fin vous êtes désigné pour faire ce match ; c’est qu’on t’a vraiment fait confiance.

En dehors des matchs finaux, ce qui m’a aussi marqué c’est le fait qu’en arbitrage féminin au Togo et en général, il n’y a pas de distinguo entre les sexes. Les femmes et les hommes sont soumis au même traitement. En arbitrage, il n’y a pas question de genre.

[Exclusif] Arbitrage féminin au Togo : Gildas KANNI, une arbitre qui fait parler d’elle même au-delà des pelouses

Les femmes officient des matchs des hommes et vice-versa. Sur le plan arbitral, on n’oublie que la femme est une femme. C’est un métier qu’on doit exercer avec volonté et passion pour qu’on puisse parfaitement assurer.

Aussi, en arbitrage, il n’y a pas de petits matchs, même si c’est entre collègues ou amis au quartier. Toutes les rencontres footballistiques sont de grands matchs. C’est une seule loi qui est appliquée et il faut la respecter. C’était un privilège pour moi d’officier le match du 1er mai, disputé entre collègues à Sigma Corporation.

En arbitrage féminin au Togo, y a-t-il des difficultés auxquelles vous êtes confrontées ?

En tant que femme, il faut avoir la tête dure pour avancer en arbitrage. Ce n’est pas facile d’avoir une condition physique impeccable. Cela nécessite d’énormes efforts et il faut avoir le mental fort pour supporter les coups de la fatigue.

Ce n’est pas facile pour la gente féminine. On compte les femmes sur le bout des doigts, parmi les hommes qui se disent d’ailleurs que nous venons arracher leur place. Ils ne nous laissent pas prendre la place facilement et il faut lutter pour mériter sa place.

Où tirez-vous votre motivation ? Avez-vous un modèle dans le paysage de l’arbitrage féminin au Togo ?

Nous avons notre doyenne Madame DZODOPE Mana Christine, l’actuelle présidente de la Commission des Arbitres. Elle était au grade de FIFA. Elle a officié les matchs internationaux ainsi que les coupes du monde. C’est une dame que j’admire beaucoup parce que ce n’est pas facile d’arriver à ce stade.

Quand on voit le travail que Madame Dzodope a effectué jusqu’à ce niveau, ce n’est pas facile, même les hommes n’arrivent pas à la rivaliser. Je lui tire chapeau. C’est vraiment un modèle que je veux suivre aussi.

Quelle analyse faites-vous du paysage de l’arbitrage féminin au Togo ?

L’arbitrage féminin au Togo manque d’effectif. Beaucoup de jeunes sœurs ne s’intéressent pas tellement au sport en général et souvent, il y’a certaines qui désistent rapidement quand elles se lancent.

On doit donc encourager les jeunes filles à aimer l’arbitrage bien que la base c’est la volonté. Je pense qu’il faut des campagnes de sensibilisation qui permettront aux filles d’avoir de l’information. Aussi, elles doivent sortir de leur corps féminin pour accepter l’arbitrage.

[Exclusif] Arbitrage féminin au Togo : Gildas KANNI, une arbitre qui fait parler d’elle même au-delà des pelouses

Aux acteurs impliqués du secteur sportif, je demanderai de promouvoir les jeunes afin de mieux assurer le futur de l’arbitrage féminin au Togo. Les anciens partiront et il faudrait une relève. Dans les écoles, on peut déjà commencer à en parler pour amener les jeunes filles à s’y intéresser. Il faut surtout parler en bien du sport pour motiver ces jeunes.

Si on vous demandait de choisir obligatoirement entre l’arbitrage et la comptabilité ; que choisiriez-vous ? Pourquoi ?

J’aime beaucoup les deux fonctions. Il faut reconnaitre que ce serait un choix difficile à faire. On dit souvent le nécessaire avant l’agréable. Etant donné que je me retrouve dans une situation d’obligation, je vais porter mon choix sur la comptabilité. Puisque, l’autre est juste une passion et je peux toutefois l’exercer quand je veux.

Votre mot de fin ?

Merci à toute la rédaction de Lomegraph pour cette opportunité. J’espère que cela aidera mes jeunes sœurs qui liront à s’intéresser à l’arbitrage. Aux acteurs, je les invite à une sensibilisation accrue afin que beaucoup de jeunes filles découvrent et s’intéressent à cette discipline à fort caractère éducatif. J’ai la ferme conviction que l’arbitrage féminin au Togo a de l’avenir.

Propos recueillis par Christelle Agnindom

Comments


Laisser un commentaire


Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *